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Reload Modular

Te souviens-tu de la première fois où tu as touché une machine ?

La première fois que j’ai touché une vraie machine (synthétiseur analogique modulaire*) c’était en 2010  après une longue réflexion, à savoir si j’allais dépenser 900€ pour un synthétiseur monophonique (une seule note en même temps…) Cela me faisait cher à l’idée mais j’ai sauté le pas, car avec les plugins vst je ne trouvais pas mon compte… Un jour j’ai reçu ce fameux synthétiseur, je l’ai branché, envoyé une note et j’ai tourné le bouton du filtre…. Oufff quelle sensation dans mes oreilles, je n’avais jamais entendu ça, quelle profondeur, quelle épaisseur, magique….. Je suis instantanément tombé sous le charme et ainsi naturellement, j’ai glissé du monde de l’ordinateur vers celui des machines…

*Un synthétiseur modulaire est un synthétiseur composé d’un ensemble de modules indépendants où chacun remplit une fonction élémentaire: oscillateur, filtre, amplificateur, générateurs d’enveloppe, effet, mixeur… Le choix des modules et leur interconnexion se fait de manière totalement libre dans le but de produire des sons. 

Comment as-tu découvert la musique électronique ?

C’était vers l’âge de 12 ou 13 ans, au collège. On écoutait des cassettes de compilations de dance music, ça ne me plaisait pas trop mais j’étais intrigué par ces sons nouveaux et puis j’ai grandi et j’ai commencé à écouter de la techno au début des années 90, Bonzaï rec, Scan X etc. Là j’aimais déjà beaucoup plus et puis arrive en 95 ma première soirée avec du gros son et là … Boom ! La révélation.

J’ai entendu Daft Punk pour la première fois, Rollin n’ Scratching. Comment ces mecs font ce son ? C’est énorme, j’adore et au fond de ma tête a commencé à germer l’idée qu’un jour je ferais cette musique !

Comment t’es tu retrouvé sur scène?

Ma première scène c’était comme tous, tout petit au centre aéré… Ah ah ah, avec une guitare en play-back sur “La Bamba” !!!!! Délire, je me suis éclaté !

Sérieusement, après avoir renoncé aux platines car trop chères, mon chemin m’a emmené sur la route du djembé. J’ai d’abord commencé à prendre des cours, puis rapidement je suis devenu ami avec le prof, Vincent, un excellent percussionniste et j’ai intégré son groupe. Ils ont continué ma formation de batteur avec notre maitre africain Adam Bamba dit Monimba, qui nous a tous formé à la musique traditionnelle mandingue. C’est là que j’ai fait mes premières scènes au début des années 2000.

As tu d’autres passions que la musique ?

C’est déjà difficile de faire avec une passion, ça prend du temps, beaucoup de temps… Mais comme je ne pouvais pas vivre de la musique j’ai commencé à faire une formation d’infirmier qui m’a sensibilisé à la psychologie, la psychiatrie, enfin tout ce qui se passe dans notre tête, etc. Ce que j’aime dans ce métier c’est la relation avec les gens. Beaucoup sont cons, il y en a partout des cons, mais parfois je fais de belles rencontres qui me font grandir et m’en apprennent beaucoup sur les “choses ” de la vie, les rapports humains et le rapport à soi même enfin bref, j’aime bien la psychologie, pas pour la pratiquer en soin vers les autres, mais plutôt parce qu’elle peut m’apprendre sur moi même et le fonctionnement de l’être humain.

Si tu pouvais remonter le temps, quelle serait l’année que tu choisirais?

Je suis très nostalgique… mais je considère cela comme un défaut qui empêche de vivre l’instant présent du coup, si je pouvais remonter le temps, j’irais vivre un événement que je n’ai pas pu vivre parce que je n’étais pas né et j’irais écouter un concert de Bob Marley en live, au premier rang, pour chanter avec lui toutes ses chansons que j’entends depuis que je suis tout petit… Je suis un fan inconsidéré de Bob !

Si tu pouvais voyager dans le futur, jusqu’où aimerais-tu aller?

Alors ça c’est une question à la con, désolé mais j’ai du mal à projeter quelque chose de positif dans le futur vu la vitesse à laquelle va notre monde actuel et surtout qu’il est dirigé par des personnes intéressées que par le pouvoir et l’argent, le futur semble malheureusement noir, donc, je n’ai pas envie d’y aller. Par contre, comme rien est écrit, peut-être que je me trompe et que l’humanité peut se sortir de ce merdier incroyable et du coup je voudrais bien aller voir après le chaos, quand ceux qui auront la vraie lumière auront pris le pouvoir entre leurs mains, pour aller le cacher sur une planète lointaine et ainsi effacer de toutes les têtes ces idées de pouvoir et d’argent pour enfin vivre dans un monde plus juste qui saura préserver la planète. Quand ils auront compris que Dieu est dans les arbres, dans les animaux, dans l’eau, dans tout ce qui est vivant… Cela je voudrais bien le voir oui !

Comment qualifierais-tu ta musique ?

C’est très difficile de répondre à cette question ! Je laisse les gens me mettre dans une case si cela les intéresse mais moi j’ai vraiment du mal à définir quel style de musique je joue. De la musique électronique, de la techno mélodique, de l’acid, du downtempo, tout et rien à la fois, je ne pense pas du tout à cela quand je compose. Pour moi la musique est un moyen d’expression, je suis d’un naturel timide, j’ai du mal à aller vers les autres et parfois je trouve que parler ça ne sert pas ou que ce n’est pas suffisant, alors du coup la musique devient un bon moyen d’expression. Un jour quelqu’un m’a demandé quel serait le morceau idéal que j’aimerais composer… Ma réponse serait une sorte de volcan intérieur … Quand tu es trop sensible tu ne te protèges pas et tu ressens les événements extérieurs comme une agression et puis ça reste dedans sans pouvoir sortir puis un jour ça sort…. Sur scène, en criant, comme une explosion, qui vient de l’intérieur, incontrôlable… ; et c’est la musique qui a provoqué ça et ton lâcher prise du moment. Du coup aujourd’hui ma musique est l’expression de mon ressenti intérieur, et pas le plus lumineux, surtout le plus noir, l’apothéose c’est quand tout ça explose sur scène car tu vas encore plus loin en triturant ton son et que le public te répond en criant et boom, c’est l’extase, tu cries aussi fort qu’eux et tu sautes partout (je suis intenable sur scène et dois me contrôler pour ne pas trop bouger) et le noir devient plus lumineux !

Si tu avais l’occasion de t’adresser à la planète entière, que dirais-tu ?

Mes frères et sœurs, il n’y a qu’une race, celle de l’être humain. Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse, soyez bons, arrêtez de chercher Dieu car il est en vous, le diable aussi. Vous seuls avez entre les mains le pouvoir de choisir d’être bon ou mauvais. La vengeance ne sert jamais à rien, au contraire grandissez vous et soyez bons pour ne pas vous abaisser au niveau de ceux qui voudraient nous rendre esclaves !!!

RELOAD MODULAR – 08/07/20

Prochaine date, billets : https://www.weezevent.com/reload-modular-freeda